Actualités Elections: Quel changement pour l'immobilier

Elections: Quel changement pour l'immobilier ?

Le programme du nouveau président de la République, ainsi que les premiers messages du nouveau gouvernement ont été scrutés avec attention par les investisseurs immobiliers. Quelques indices suggèrent les lignes directrices des cinq années à venir...


Est-il trop tôt pour connaître la feuille de route ?

Il est encore trop tôt pour connaître avec précision la feuille de route en matière d’immobilier pour le tout nouveau gouvernement. Surtout, le résultat des élections législatives pèsera lourd sur ses marges de manœuvre réelles.
Toutefois entre le programme annoncé du nouveau président de la République et les premiers messages du nouveau gouvernement, quelques indices permettent de se faire une idée des grandes orientations du quinquennat à venir

Un Etat interventionniste ...

Le candidat à l’élection présidentielle a annoncé vouloir créer un « choc d’offre » afin de peser sur les prix, en particulier dans les zones dites « tendues » où les besoins sont les plus grands. Pour atteindre cet objectif, il propose de « concentrer les moyens là où ils sont nécessaires », en se montrant parfois interventionniste : « Dans ces zones prioritaires, les autorisations d’urbanisme, notamment le permis de construire, seront transférées à l’intercommunalité, ou le cas échéant à la métropole, voire à l’Etat ».
 … et en même temps un Etat moins normatif

Le programme d’En marche se revendique moins « créatif » en réglementations nouvelles : « Nous ne créerons pas de nouvelles normes de construction sur le quinquennat. Le secteur du logement, qui nécessite par définition des investissements sur le long terme, a besoin pour se développer de confiance et de stabilité ».

Exit le ministère du logement

LA l’annonce de la composition du nouveau gouvernement, beaucoup de professionnels de l’immobilier ont fait grise mine. En cause : pas de ministère du Logement de plein exercice, mais un ministère de la Cohésion des Territoires. Cela témoignerait-il  d’un désintérêt profond pour la pierre de la part d’un candidat qui par ailleurs a annoncé transformer l’ISF en « impôt sur la rente immobilière » ?

Richard Ferrand, premiers « marcheur » et fidèle parmi les fidèles d’E. Macron a tenu a préciser l’intention, lors de la passation de pouvoir : ce ministère possède un intitulé très large « parce que tout ce qu’il reste à faire sur ces sujets doit s’insérer dans une action plus globale qui porte ses fruits dans tous les territoires de France, Ce terme générique a un défaut, celui de l’abstraction mais il a une qualité. Il va de soi que la politique de la ville, le logement, l’aménagement du territoire se devaient d’être ensemble pour que l’action publique soit plus efficace ».
Charles Morin Gérant expatrissimmo et expert de l'immobilié pour les expatriés Charles Morin, expert expatrissimmo

Parole d'expert

 Quelle conclusion peut tirer un investisseur immobilier expatrié des premiers jours du nouveau quinquennat ?

Charles Morin (Expatrissimmo) : C.M. La première chose que j'ai envie de dire, avec le recul de l'expérience, c'est que les gouvernements passent et que les qualités intrinsèques de l'investissement immobilier demeurent. Toutes les études sur la rentabilité à long terme de la pierre sont explicites sur ce point.
Pour répondre plus précisément sur les orientations annoncées, ce qui me paraît intéressant, c'est de ne plus poser le problème en termes de grands objectifs nationaux du type "créer 500 000 logements par an", mais de se poser la question de la différence des territoires et de créer un cadre réglementaire stable pour encourager les investisseurs plutôt que de créer une énième niche fiscale. Car fondamentalement la France présente tous les atouts pour développer un marché immobilier dynamique et sain.